🚨️Berlin exclut toute relance du gazoduc Nord Stream 2

Kiev (Ukraine), 1 avr 2025 (AFP) - La ministre allemande des Affaires étrangères a exclu mardi toute remise en route du projet de gazoduc Nord Stream 2 pour approvisionner l'Europe en gaz russe, une question évoquée récemment par Moscou.

"La mauvaise décision concernant Nord Stream 2 nous a coûté cher en tant que société allemande", a déclaré Annalena Baerbock lors d'une conférence de presse avec le président Volodymyr Zelensky.

"Nous avons payé des milliards d'euros pour cela et il est donc tout à fait clair que cet oléoduc ne peut pas être réactivé", a dit la cheffe de la diplomatie sortante.

"C'est une décision qui est entre les mains des Allemands, cette décision a été prise par le précédent gouvernement fédéral" du chancelier social-démocrate Olaf Scholz, "également en accord total" avec le parti conservateur qui a remporté les élections législatives de fin février, a-t-elle dit.

Principale voie de transit du gaz russe vers l'Europe, les deux gazoducs mesurant 1.200 km de long chacun et reliant la Russie à l'Allemagne par la mer Baltique sont à l'abandon depuis des explosions en septembre 2022 les ayant rendus inopérants.

Un article du Financial Times début mars a évoqué l'hypothèse jusqu'ici impensable d'un redémarrage, dans le cadre du rapprochement entre le Kremlin et Donald Trump.

Car si les deux conduites du gazoduc Nord Stream 1 ont été détruites, une de Nord Stream 2 est restée intacte, et pourrait être réutilisée.

Dans une interview le 26 mars, le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov a fait état de discussions entre Moscou et Washington sur la question.

"Bien sûr, il y a des divergences. Mais est-ce uniquement dans l'intérêt de la Russie et des États-Unis de rétablir un approvisionnement énergétique normal en Europe ? Les gazoducs Nord Stream sont en cours de discussion", a-t-il déclaré à la chaîne russe Channel One.

"Il serait intéressant que les Américains usent de leur influence sur l'Europe et l'obligent à ne pas rejeter le gaz russe. Cela semblerait surréaliste", a-t-il insisté.

En Allemagne aussi, dont l'économie reste faible après deux années de récession d'affilée, quelques voies ont estimé que le projet méritait être réétudié.

"Nous entendons que certains spéculent là-dessus, mais ce ne sont pas des hommes politiques allemands de premier plan, ce ne sont pas ceux qui prennent les décisions économiques et géostratégiques centrales", a mis au point Mme Baerbock.

"La sécurité de l'Europe et la sécurité économique sont étroitement liées", a encore précisé la responsable qui effectuait sa neuvième visite en Ukraine depuis le début de l'offensive russe le 24 février 2022.

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