Paris, 1 avr 2025 (AFP) - "Notre politique énergétique dérive": des parlementaires de droite et du centre, accompagnés d'anciens dirigeants du secteur de l'énergie, ont lancé mardi un appel à suspendre la publication de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3) tout en prônant "une trajectoire énergétique sur 60 ans".
La parution attendue dans les prochains jours d'un décret pour décliner la feuille de route énergétique de la France continue d'alimenter la mobilisation au Parlement.
Après un courrier de 160 sénateurs au Premier ministre François Bayrou, après les menaces de censure que le Rassemblement national laisse planer sur ce sujet, des parlementaires se sont cette fois associés à plusieurs experts du secteur pour tenter de faire infléchir la position du gouvernement.
"Nous refusons que l'énergie devienne le nouveau marqueur d'une impuissance publique, ou le terreau d'une colère populaire", s'inquiète ce collectif réunissant sénateurs, députés, mais aussi ex-dirigeants de l'énergie comme les anciens patrons d'EDF Henri Proglio et de Réseau de transport d'électricité (RTE) André Merlin.
La troisième Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), qui fixe des objectifs en matière de production et de consommation d'énergie sur la période 2025-2035 pour mettre la France sur la voie de la neutralité carbone en 2050, est en voie de finalisation et doit être adoptée par décret dans les prochains jours.
"Une trajectoire imposée, et non choisie. Une programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) conçue dans un autre monde - celui d'avant les crises, d'avant la guerre, d'avant l'explosion des factures" d'électricité, ont fustigé lors d'une conférence de presse les signataires de cet appel. Certains n'ont pas mâché leurs mots pour s'inquiéter d'un projet de décret faisant "la part belle aux énergies intermittentes (éoliennes ou photovoltaïques)" ou à "l'idéologie des renouvelables".
Les parlementaires, parmi lesquels Vincent Louault et Henri Alfandari (Horizons), Stéphane Piednoir et Raphaël Schellenberger (Les Républicains), appellent le gouvernement à revenir devant le Parlement pour faire voter cette feuille de route, une demande déjà formulée par le RN ces derniers jours.
Ils espèrent notamment voir une proposition de loi sénatoriale bientôt débattue à l'Assemblée nationale, une option à laquelle le ministre de l'Industrie et de l'Energie Marc Ferracci s'est déjà dit "ouvert".
Ils demandent par ailleurs le "maintien" d'un amendement de M. Alfandari adopté en commission à l'Assemblée nationale dans le cadre d'un projet de loi "simplification", posant les jalons d'un débat dans l'hémicycle sur la planification énergétique et inscrivant le principe d'une "trajectoire énergétique à 60 ans".